{"id":29700,"date":"2019-09-10T11:46:17","date_gmt":"2019-09-10T10:46:17","guid":{"rendered":"http:\/\/3.230.254.106\/?post_type=magazines&#038;p=29700"},"modified":"2020-11-17T13:33:39","modified_gmt":"2020-11-17T13:33:39","slug":"on-death-loss-and-processing-a-black-archive","status":"publish","type":"magazines","link":"http:\/\/3.230.254.106\/fr\/magazines\/on-death-loss-and-processing-a-black-archive\/","title":{"rendered":"Au sujet de la mort, de la perte et du traitement des archives (noires)"},"content":{"rendered":"<p>.<\/p>\n<p>Dans le sillage des commissaires de l\u00e9gendes <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=bisi+silva\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bisi Silva<\/a> et <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=Okwui+Enwezor\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Okwui Enwezor<\/a> \u2013 \u00e9rudits, penseurs, b\u00e2tisseurs de l\u2019espace [noir]\u00a0\u2013, j\u2019ai rumin\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience de perte, de mort et leur rapport \u00e0 la mani\u00e8re dont nous traitons, nous monumentalisons, nous nous engageons vis-\u00e0-vis d\u2019archives noires. Bisi et Okwui sont porteurs d\u2019une pens\u00e9e [noire] ph\u00e9nom\u00e9nale, de ces choses qui vivaient avec eux dans leur mani\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique de traiter une salle telle une opportunit\u00e9 de b\u00e2tir un projet [noir], dans leur mani\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique de traiter une page telle une opportunit\u00e9 de t\u00e9moigner d\u2019un monde [noir], dans les mots [tr\u00e8s noirs] qu\u2019ils exprimaient chacun au cours de leurs myriades d\u2019entretiens, d\u2019interviews, d\u2019\u00e9changes \u00e0 travers le monde. Je pense toujours aux choses qu\u2019ils ont emport\u00e9es avec eux, aux choses qu\u2019ils incarnaient si pleinement que c\u2019\u00e9tait leur existence dans le monde, telle une chor\u00e9graphie, qui est devenue le texte \u00e0 lire \u2013\u00a0ces mouvements ineffables qui ne peuvent \u00eatre compl\u00e8tement transcrits, qui transcendent et d\u00e9passent le langage, qui testent les limites de ce qui peut \u00eatre vraiment archiv\u00e9, un espace de m\u00e9moire intangible qui fait fl\u00e9chir l\u2019identit\u00e9 noire elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Sera-t-il possible un jour de v\u00e9ritablement mat\u00e9rialiser des archives noires\u00a0? Que sont des \u00ab\u00a0archives noires\u00a0\u00bb exactement\u00a0? Qu\u2019est-ce que cela signifie r\u00e9ellement\u00a0? En tant que peuple noir, nous avons tellement port\u00e9 notre exp\u00e9rience d\u2019archive sur nos corps. En tant qu\u2019Am\u00e9ricaine, le traumatisme \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique du Passage du milieu reste un \u00e9l\u00e9ment central de la mani\u00e8re dont mon peuple, notre peuple, traite de l\u2019identit\u00e9 noire. L\u2019histoire du Passage du milieu est une histoire des origines intitul\u00e9e, entre guillemets, L\u2019origine des toutes premi\u00e8res archives afro[-]am\u00e9ricaines, et qui d\u00e9clenche la toute premi\u00e8re anxi\u00e9t\u00e9 que nous, en tant que <em>Black folx<\/em>, connaissons dans notre relation \u00e0 l\u2019histoire [noire]. Tous ces corps, ces vies, ces souvenirs, ces histoires \u2013\u00a0ce voyage dans l\u2019espace. Nous avons \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s \u00e0 travers les oc\u00e9ans, captifs retenus serr\u00e9s dans de violentes entrailles. Cette exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 un traitement collectif des donn\u00e9es noires vol\u00e9es \u00e0 un site d\u2019origine\u00a0; nos corps ont \u00e9t\u00e9 achemin\u00e9s tel un algorithme \u00e9tranger vers un territoire socio-politique [anti-noir] des plus volatils. Tout ce que nous savions, nous l\u2019avons emport\u00e9 avec nous\u00a0: dans chaque battement de c\u0153ur, dans chaque respiration, dans les fluides lib\u00e9r\u00e9s, dans la m\u00e9moire de ceux jet\u00e9s par-dessus bord, de ceux profond\u00e9ment aim\u00e9s qui n\u2019ont pas surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019[anti-vie] de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rupture, \u00e0 ceux qui, avec leur mort, ont scell\u00e9 un refus, grains de sable dans les machinations du capitalisme. Cela a certes constitu\u00e9 un point de d\u00e9part et, si nous partons de l\u00e0, cette id\u00e9e d\u2019\u00ab\u00a0archives noires\u00a0\u00bb doit rester d\u00e9rangeante.<\/p>\n<p>Des archives sont un ensemble de documents historiques. \u00c0 ce titre, les choses se compliquent lorsqu\u2019il est question d\u2019archives noires. La longue histoire qui veut que l\u2019on porte tant sur nos corps sugg\u00e8re que rien ne peut \u00eatre compl\u00e8tement laiss\u00e9 derri\u00e8re nous, qu\u2019il n\u2019existe aucun document exhaustif. On se demandera alors\u00a0: cela signifie-t-il que la construction d\u2019archives noires est trop fantastique pour \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e\u00a0? Est-ce impossible\u00a0? En l\u2019absence du corps physique, il se trouvera in\u00e9vitablement des lacunes consid\u00e9rables, l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue [de l\u2019identit\u00e9 noire] \u00e9tant si n\u00e9cessaire pour \u00ab\u00a0d\u00e9verrouiller\u00a0\u00bb un traitement holistique de notre histoire [noire]. L\u2019h\u00e9ritage de l\u2019histoire [noire] et le r\u00f4le important qu\u2019a jou\u00e9 l\u2019histoire orale dans la c\u00e9l\u00e9bration de la narration noire signifie que les voix, les visions de tant d\u2019individus avant chacun de nous sont inextricablement li\u00e9es au corps [noir]. Porteurs de cette conscience culturelle, nous restons complexes, un peuple [noir] de la multiplicit\u00e9, jamais monolithique. Quelle connaissance emportons-nous avec nous lorsque nous quittons ce monde ? Et comment faire de la place pour faire le deuil de la perte du savoir [noir], de cette chose glissante et abstraite, trop gluante pour \u00eatre saisie\u00a0?<\/p>\n<p>Cela fait maintenant deux ans que <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=khadija+saye\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Khadija Saye<\/a> a expos\u00e9 son \u0153uvre superbe au pavillon de la Diaspora \u00e0 la Biennale de Venise de 2017. Lorsque je ferme les yeux, je me revois traverser ces salles, et mes souvenirs de ces moments r\u00e9sonnent\u00a0: la foule \u00e9lectrique du jour de l\u2019ouverture, une cave cr\u00e9ative pulsant au rythme de tant de battements de c\u0153urs [noirs], remix\u00e9s \u00e0 l\u2019unisson. Un changement de code n\u00e9cessaire abrit\u00e9 derri\u00e8re les murs de l\u2019Arsenale ou des Giardini, comme un retour chez soi. J\u2019ai partag\u00e9 une bi\u00e8re avec une amie sur les escaliers et nous avons lanc\u00e9 nos mains dans les airs, nos doigts au diapason des vibrations de l\u2019espace. Extatiques, nous nous sommes laiss\u00e9 \u00e9treindre par ceux qui dansaient autour de nous\u00a0; tous ensemble, nous avons dans\u00e9. Cette nuit-l\u00e0, j\u2019ai senti tout le codage que nous portons sur notre peau, archiv\u00e9 dans la m\u00e9moire du muscle, tous les anc\u00eatres dans une ovation ; tous ensemble, nous \u00e9tions vivants. Un mois plus tard, Khadija et sa m\u00e8re, Mary Ajaoi Augustus Mendy, sont mortes dans l\u2019incendie de la tour Grenfell \u00e0 Londres o\u00f9 elles habitaient au vingti\u00e8me \u00e9tage.<\/p>\n<p>Peu avant un voyage \u00e0 Venise, je pense \u00e0 Khadija et \u00e0 Mary. Je pense \u00e0 toutes les choses qu\u2019elles ont b\u00e2ties ensemble et qu\u2019elles nous ont confi\u00e9es dans le cadre de notre collaboration autour des photographies remarquables de Khadija, ces choses dont nous nous sommes efforc\u00e9es si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de traiter la perte, la perte du monde les ayant perdues. Je pense aux choses qu\u2019elles ont b\u00e2ties ensemble et qu\u2019elles devaient encore partager, ces choses qui n\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre pas \u00e9crites, ni photographi\u00e9es, ces moments entre-deux, ces d\u00e9sirs [noirs], ces c\u00e9l\u00e9brations [noires], ces intimit\u00e9s [noires], ces joies [noires]. Je pense \u00e0 ce qui leur a \u00e9t\u00e9 pris, et \u00e0 ce qu\u2019elles ont pris avec elles dans cette prise inattendue. Je pense \u00e0 leurs pens\u00e9es [noires], aux impossibles archives que nous ne pouvons d\u00e9sormais plus qu\u2019imaginer alors que nous continuons \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer les vies qu\u2019elles ont v\u00e9cues.<\/p>\n<p>Dans mon engagement pour des archives [noires], j\u2019erre \u00e0 travers les nombreuses pi\u00e8ces de mon propre corps et me demande\u00a0: o\u00f9 puis-je faire de la place pour porter ce que nous avons perdu\u00a0? Peut-\u00eatre pourrait-on chacun faire de la place dans les endroits o\u00f9 le langage ne peut pas voyager, ces recoins uniquement r\u00e9serv\u00e9s aux sentiments, et o\u00f9 s\u2019\u00e9panouit la vivacit\u00e9 incisive du souvenir. Oui, faisons-le. M\u00eame juste un petit peu. M\u00eame juste page \u00e0 page.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Legacy Russell<\/em><\/strong> est curatrice, auteure et artiste<em>. N\u00e9e et \u00e9lev\u00e9e \u00e0 New York, elle est curatrice associ\u00e9e des expositions du Studio Museum \u00e0 Harlem. Russell est titulaire d\u2019un double Bachelor of Arts avec mention honorifique du Macalester College en histoire de l\u2019art &amp; et arts visuels et anglais &amp; \u00e9criture cr\u00e9ative sp\u00e9cialis\u00e9e en \u00e9tudes de genre, ainsi que d\u2019un master de recherche avec mention en histoire de l\u2019art du Goldsmiths College, universit\u00e9 de Londres, option culture visuelle. Son travail acad\u00e9mique, curatorial et cr\u00e9atif s\u2019articule autour du genre, de la performance, de l\u2019individualit\u00e9 num\u00e9rique, de l\u2019idol\u00e2trie de l\u2019Internet et du rituel des nouveaux m\u00e9dias.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Ce texte a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 dans la seconde \u00e9dition sp\u00e9ciale de C&amp; #Detroit et a \u00e9t\u00e9 command\u00e9 dans le cadre du projet \u00ab\u00a0Show me your Shelves\u00a0\u00bb, financ\u00e9 par et faisant partie de la campagne d\u2019une ann\u00e9e \u00ab\u00a0Wunderbar Together\u00a0\u00bb (\u00abDeutschlandjahr USA\u00a0\u00bb\/The Year of German-American Friendship) du minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Pour lire la version int\u00e9grale<\/em><em> du magazine, c\u2019est par<\/em> <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/C_Detroit_lowres_EN.pdf\"><em>l\u00e0<\/em><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais par Myriam Ochoa-Suel.\u00a0<\/em><\/p>","protected":false},"featured_media":29702,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_links_to":"","_links_to_target":""},"tags":[6733,458,345,6878,2949,4726,326,3584],"magazine-type":[7],"class_list":["post-29700","magazines","type-magazines","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","tag-detroit","tag-bisi-silva","tag-c-print-issue","tag-edson-ike","tag-khadija-saye","tag-legacy-russell","tag-okwui-enwezor","tag-show-me-your-shelves","magazine-type-essay","topic-type-mag-curriculum-of-connections","topic-type-mag-we-got-issues"],"core_raw":{"post_title":"[:de]On Death, Loss, And Processing A (Black) Archive[:en]On Death, Loss, And Processing A (Black) Archive[:fr]Au sujet de la mort, de la perte et du traitement des archives (noires)[:]","post_content":"[:de].\r\n\r\nIn the wake of the passings of legendary curators <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=bisi+silva\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bisi Silva<\/a> and <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=Okwui+Enwezor\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Okwui Enwezor<\/a> \u2013 scholars, thinkers, makers of [Black] space \u2013 I\u2019ve been turning over the experience of loss, death, and the relationship of these things to how we process, engage with, monumentize a Black archive. With Bisi and Okwui goes a massive amount of [Black] thought, those things that lived with them in the very way they processed a room as an opportunity to build a [Black] project, in the very way they processed a page as an opportunity to bear witness to a [Black] world, the [very Black] words they each manifested in their myriad of talks, interviews, exchanges across the globe. I keep thinking of the things they have taken with them, the things they embodied so fully that it was their existence in the world, as a choreography, that became the text to read \u2013 those ineffable motions that cannot be fully transcribed, that transcend and break language, that test the limits of what really can be archived, an intangible memory-space that bends Blackness itself.\r\n\r\nIs it possible to ever materialize fully a Black archive? What is a \u201cBlack archive,\u201d exactly? What does this really mean? As Black people, we\u2019ve carried so much of our archival experience on our bodies. As an American, the epigenetic trauma of the Middle Passage remains a core component to how my people, our people, process Blackness. The history of the Middle Passage is a genesis story that is marked, in hyphens, how the first African[-]American archive began, triggering the very real anxiety we as Black folx have in our relationship to [Black] history itself. All those bodies, lives, memories, histories \u2013 space-travelling. We were carried across water, tightly held captives in a violent womb. This experience was a collective processing of Black data thefted from an origin-site; our bodies were brought as alien algorithm into a most volatile socio-political [anti-Black] geography. All we knew we carried with us: in heartbeats, in each breath taken, in fluids released, in the memory of those cast overboard, those deeply loved who never made it to the [anti-life] on the other side of the break, those who, in their death, established a refusal, glitches in the machinations of capitalism. This was indeed a beginning, and if we begin here, this idea of a \u201cBlack archive\u201d must remain uneasy.\r\n\r\nAn archive is a collection of historical documents; as such, when we consider a Black archive things get complicated, fast. The long history of carrying so much on our bodies suggests that nothing fully can be left behind, there is no comprehensive document. One has to wonder: Does this mean that the construct of a Black archive is too fantastic to be actualized? Is it impossible? In the absence of the physical body there will inevitably be significant gaps, the lived experience [of Blackness] so necessary as an \u201cunlock \u201d to a holistic processing of our [Black] history. The legacy of [Black] history and the important role oral history has played in celebrating Black narrative means that bound up within the [Black] body are the voices, visions, of so many that have come before each of us. We remain complex in carrying this cultural consciousness, a [Black] people in multiplicity, never monolithic. What knowledge do we take with us when we depart this world? And how to give room to mourn this loss of [Black] knowing, that thing that is slippy and abstract, too gooey to grasp?\r\n\r\nIt has been two years since <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=khadija+saye\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Khadija Saye<\/a> showed her beautiful work in the Diaspora Pavilion of the 2017 Venice Biennale. When I close my eyes I am still there traversing those rooms, and my memories of those moments sing: the electric crush of the opening, a creative cavity heaving with so many [Black] heartbeats, remixed in unison. A necessary code-switch housed beyond the walls of the Arsenale or the Giardini Gardens, it was a coming home. I shared a beer with a friend on the stairs and we threw our hands in the air, our fingers tuning forks to the vibrations of the room. Ecstatic, we let ourselves be embraced by those dancing around us; all together, we danced. That night I felt all the coding we carry on our skin, archived in the memory of muscle, all ancestors in ovation; all together, we were alive. A month later Khadija and her mother, Mary Ajaoi Augustus Mendy, died in the Grenfell Tower fire in London, where they lived on the twentieth floor.\r\n\r\nWith a trip to Venice ahead, I am thinking of Khadija and Mary. I am thinking of all the things they built together and entrusted to us in collaboration via Khadija\u2019s striking photographs, those things that we have held on to trying so desperately to process their loss, the world\u2019s loss in losing them. I am thinking of the things they built together and had yet to share, those things that perhaps were not written down, nor photographed, those in-between moments, [Black] wishes, [Black] celebrations, [Black] intimacies, [Black] joys. I am thinking of what was taken from them, and what they took with them in this unexpected taking. I am thinking of their [Black] thoughts, the impossible archive that we can only imagine now as we continue to celebrate the lives they lived.\r\n\r\nIn my commitment to a [Black] archive, I wander through the many rooms of my own body. I wonder: Where can I make space to carry some of those we have lost? Perhaps we can each make space in the places where language cannot travel, those corners where there is feeling only, and the sharp vivacity of memory thrives. Yes \u2013 let\u2019s. If even just in part. If even just page by page.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em><strong>Legacy Russell<\/strong> is a curator, writer, and artist. Born and raised in New York City, she is the Associate Curator of Exhibitions at The Studio Museum in Harlem. Russell holds a dual-major B.A. with Honors from Macalester College in Art History &amp; Studio Art and English &amp; Creative Writing with a focus in Gender Studies, and an MRes with Distinction in Art History from Goldsmiths, University of London with a focus in Visual Culture. Her academic, curatorial, and creative work focuses on gender, performance, digital selfdom, internet idolatry, and new media ritual.<\/em>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em>This text was initially published in the second C&amp; Special Edition #Detroit and<\/em><em>\u00a0commissioned within the framework of the project \u201cShow me your Shelves\u201d, which is funded by and is part of the yearlong campaign \u201cWunderbar Together (\u201cDeutschlandjahr USA\u201d\/The Year of German-American Friendship) by the German Foreign Office.\u00a0Read the full magazin <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/C_Detroit_lowres_EN.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">here<\/a>.<\/em>[:en].\r\n\r\nIn the wake of the passings of legendary curators <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=bisi+silva\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bisi Silva<\/a> and <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=Okwui+Enwezor\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Okwui Enwezor<\/a> \u2013 scholars, thinkers, makers of [Black] space \u2013 I\u2019ve been turning over the experience of loss, death, and the relationship of these things to how we process, engage with, monumentize a Black archive. With Bisi and Okwui goes a massive amount of [Black] thought, those things that lived with them in the very way they processed a room as an opportunity to build a [Black] project, in the very way they processed a page as an opportunity to bear witness to a [Black] world, the [very Black] words they each manifested in their myriad of talks, interviews, exchanges across the globe. I keep thinking of the things they have taken with them, the things they embodied so fully that it was their existence in the world, as a choreography, that became the text to read \u2013 those ineffable motions that cannot be fully transcribed, that transcend and break language, that test the limits of what really can be archived, an intangible memory-space that bends Blackness itself.\r\n\r\nIs it possible to ever materialize fully a Black archive? What is a \u201cBlack archive,\u201d exactly? What does this really mean? As Black people, we\u2019ve carried so much of our archival experience on our bodies. As an American, the epigenetic trauma of the Middle Passage remains a core component to how my people, our people, process Blackness. The history of the Middle Passage is a genesis story that is marked, in hyphens, how the first African[-]American archive began, triggering the very real anxiety we as Black folx have in our relationship to [Black] history itself. All those bodies, lives, memories, histories \u2013 space-travelling. We were carried across water, tightly held captives in a violent womb. This experience was a collective processing of Black data thefted from an origin-site; our bodies were brought as alien algorithm into a most volatile socio-political [anti-Black] geography. All we knew we carried with us: in heartbeats, in each breath taken, in fluids released, in the memory of those cast overboard, those deeply loved who never made it to the [anti-life] on the other side of the break, those who, in their death, established a refusal, glitches in the machinations of capitalism. This was indeed a beginning, and if we begin here, this idea of a \u201cBlack archive\u201d must remain uneasy.\r\n\r\nAn archive is a collection of historical documents; as such, when we consider a Black archive things get complicated, fast. The long history of carrying so much on our bodies suggests that nothing fully can be left behind, there is no comprehensive document. One has to wonder: Does this mean that the construct of a Black archive is too fantastic to be actualized? Is it impossible? In the absence of the physical body there will inevitably be significant gaps, the lived experience [of Blackness] so necessary as an \u201cunlock \u201d to a holistic processing of our [Black] history. The legacy of [Black] history and the important role oral history has played in celebrating Black narrative means that bound up within the [Black] body are the voices, visions, of so many that have come before each of us. We remain complex in carrying this cultural consciousness, a [Black] people in multiplicity, never monolithic. What knowledge do we take with us when we depart this world? And how to give room to mourn this loss of [Black] knowing, that thing that is slippy and abstract, too gooey to grasp?\r\n\r\nIt has been two years since <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=khadija+saye\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Khadija Saye<\/a> showed her beautiful work in the Diaspora Pavilion of the 2017 Venice Biennale. When I close my eyes I am still there traversing those rooms, and my memories of those moments sing: the electric crush of the opening, a creative cavity heaving with so many [Black] heartbeats, remixed in unison. A necessary code-switch housed beyond the walls of the Arsenale or the Giardini Gardens, it was a coming home. I shared a beer with a friend on the stairs and we threw our hands in the air, our fingers tuning forks to the vibrations of the room. Ecstatic, we let ourselves be embraced by those dancing around us; all together, we danced. That night I felt all the coding we carry on our skin, archived in the memory of muscle, all ancestors in ovation; all together, we were alive. A month later Khadija and her mother, Mary Ajaoi Augustus Mendy, died in the Grenfell Tower fire in London, where they lived on the twentieth floor.\r\n\r\nWith a trip to Venice ahead, I am thinking of Khadija and Mary. I am thinking of all the things they built together and entrusted to us in collaboration via Khadija\u2019s striking photographs, those things that we have held on to trying so desperately to process their loss, the world\u2019s loss in losing them. I am thinking of the things they built together and had yet to share, those things that perhaps were not written down, nor photographed, those in-between moments, [Black] wishes, [Black] celebrations, [Black] intimacies, [Black] joys. I am thinking of what was taken from them, and what they took with them in this unexpected taking. I am thinking of their [Black] thoughts, the impossible archive that we can only imagine now as we continue to celebrate the lives they lived.\r\n\r\nIn my commitment to a [Black] archive, I wander through the many rooms of my own body. I wonder: Where can I make space to carry some of those we have lost? Perhaps we can each make space in the places where language cannot travel, those corners where there is feeling only, and the sharp vivacity of memory thrives. Yes \u2013 let\u2019s. If even just in part. If even just page by page.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em><strong>Legacy Russell<\/strong> is a curator, writer, and artist. Born and raised in New York City, she is the Associate Curator of Exhibitions at The Studio Museum in Harlem. Russell holds a dual-major B.A. with Honors from Macalester College in Art History &amp; Studio Art and English &amp; Creative Writing with a focus in Gender Studies, and an MRes with Distinction in Art History from Goldsmiths, University of London with a focus in Visual Culture. Her academic, curatorial, and creative work focuses on gender, performance, digital selfdom, internet idolatry, and new media ritual.<\/em>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em>This text was initially published in the second C&amp; Special Edition #Detroit and<\/em><em>\u00a0commissioned within the framework of the project \u201cShow me your Shelves\u201d, which is funded by and is part of the yearlong campaign \u201cWunderbar Together (\u201cDeutschlandjahr USA\u201d\/The Year of German-American Friendship) by the German Foreign Office.\u00a0Read the full magazin <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/C_Detroit_lowres_EN.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">here<\/a>.<\/em>[:fr].\r\n\r\nDans le sillage des commissaires de l\u00e9gendes <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=bisi+silva\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bisi Silva<\/a> et <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=Okwui+Enwezor\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Okwui Enwezor<\/a> \u2013 \u00e9rudits, penseurs, b\u00e2tisseurs de l\u2019espace [noir]\u00a0\u2013, j\u2019ai rumin\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience de perte, de mort et leur rapport \u00e0 la mani\u00e8re dont nous traitons, nous monumentalisons, nous nous engageons vis-\u00e0-vis d\u2019archives noires. Bisi et Okwui sont porteurs d\u2019une pens\u00e9e [noire] ph\u00e9nom\u00e9nale, de ces choses qui vivaient avec eux dans leur mani\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique de traiter une salle telle une opportunit\u00e9 de b\u00e2tir un projet [noir], dans leur mani\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique de traiter une page telle une opportunit\u00e9 de t\u00e9moigner d\u2019un monde [noir], dans les mots [tr\u00e8s noirs] qu\u2019ils exprimaient chacun au cours de leurs myriades d\u2019entretiens, d\u2019interviews, d\u2019\u00e9changes \u00e0 travers le monde. Je pense toujours aux choses qu\u2019ils ont emport\u00e9es avec eux, aux choses qu\u2019ils incarnaient si pleinement que c\u2019\u00e9tait leur existence dans le monde, telle une chor\u00e9graphie, qui est devenue le texte \u00e0 lire \u2013\u00a0ces mouvements ineffables qui ne peuvent \u00eatre compl\u00e8tement transcrits, qui transcendent et d\u00e9passent le langage, qui testent les limites de ce qui peut \u00eatre vraiment archiv\u00e9, un espace de m\u00e9moire intangible qui fait fl\u00e9chir l\u2019identit\u00e9 noire elle-m\u00eame.\r\n\r\nSera-t-il possible un jour de v\u00e9ritablement mat\u00e9rialiser des archives noires\u00a0? Que sont des \u00ab\u00a0archives noires\u00a0\u00bb exactement\u00a0? Qu\u2019est-ce que cela signifie r\u00e9ellement\u00a0? En tant que peuple noir, nous avons tellement port\u00e9 notre exp\u00e9rience d\u2019archive sur nos corps. En tant qu\u2019Am\u00e9ricaine, le traumatisme \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique du Passage du milieu reste un \u00e9l\u00e9ment central de la mani\u00e8re dont mon peuple, notre peuple, traite de l\u2019identit\u00e9 noire. L\u2019histoire du Passage du milieu est une histoire des origines intitul\u00e9e, entre guillemets, L\u2019origine des toutes premi\u00e8res archives afro[-]am\u00e9ricaines, et qui d\u00e9clenche la toute premi\u00e8re anxi\u00e9t\u00e9 que nous, en tant que <em>Black folx<\/em>, connaissons dans notre relation \u00e0 l\u2019histoire [noire]. Tous ces corps, ces vies, ces souvenirs, ces histoires \u2013\u00a0ce voyage dans l\u2019espace. Nous avons \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s \u00e0 travers les oc\u00e9ans, captifs retenus serr\u00e9s dans de violentes entrailles. Cette exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 un traitement collectif des donn\u00e9es noires vol\u00e9es \u00e0 un site d\u2019origine\u00a0; nos corps ont \u00e9t\u00e9 achemin\u00e9s tel un algorithme \u00e9tranger vers un territoire socio-politique [anti-noir] des plus volatils. Tout ce que nous savions, nous l\u2019avons emport\u00e9 avec nous\u00a0: dans chaque battement de c\u0153ur, dans chaque respiration, dans les fluides lib\u00e9r\u00e9s, dans la m\u00e9moire de ceux jet\u00e9s par-dessus bord, de ceux profond\u00e9ment aim\u00e9s qui n\u2019ont pas surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019[anti-vie] de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rupture, \u00e0 ceux qui, avec leur mort, ont scell\u00e9 un refus, grains de sable dans les machinations du capitalisme. Cela a certes constitu\u00e9 un point de d\u00e9part et, si nous partons de l\u00e0, cette id\u00e9e d\u2019\u00ab\u00a0archives noires\u00a0\u00bb doit rester d\u00e9rangeante.\r\n\r\nDes archives sont un ensemble de documents historiques. \u00c0 ce titre, les choses se compliquent lorsqu\u2019il est question d\u2019archives noires. La longue histoire qui veut que l\u2019on porte tant sur nos corps sugg\u00e8re que rien ne peut \u00eatre compl\u00e8tement laiss\u00e9 derri\u00e8re nous, qu\u2019il n\u2019existe aucun document exhaustif. On se demandera alors\u00a0: cela signifie-t-il que la construction d\u2019archives noires est trop fantastique pour \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e\u00a0? Est-ce impossible\u00a0? En l\u2019absence du corps physique, il se trouvera in\u00e9vitablement des lacunes consid\u00e9rables, l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue [de l\u2019identit\u00e9 noire] \u00e9tant si n\u00e9cessaire pour \u00ab\u00a0d\u00e9verrouiller\u00a0\u00bb un traitement holistique de notre histoire [noire]. L\u2019h\u00e9ritage de l\u2019histoire [noire] et le r\u00f4le important qu\u2019a jou\u00e9 l\u2019histoire orale dans la c\u00e9l\u00e9bration de la narration noire signifie que les voix, les visions de tant d\u2019individus avant chacun de nous sont inextricablement li\u00e9es au corps [noir]. Porteurs de cette conscience culturelle, nous restons complexes, un peuple [noir] de la multiplicit\u00e9, jamais monolithique. Quelle connaissance emportons-nous avec nous lorsque nous quittons ce monde ? Et comment faire de la place pour faire le deuil de la perte du savoir [noir], de cette chose glissante et abstraite, trop gluante pour \u00eatre saisie\u00a0?\r\n\r\nCela fait maintenant deux ans que <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/?s=khadija+saye\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Khadija Saye<\/a> a expos\u00e9 son \u0153uvre superbe au pavillon de la Diaspora \u00e0 la Biennale de Venise de 2017. Lorsque je ferme les yeux, je me revois traverser ces salles, et mes souvenirs de ces moments r\u00e9sonnent\u00a0: la foule \u00e9lectrique du jour de l\u2019ouverture, une cave cr\u00e9ative pulsant au rythme de tant de battements de c\u0153urs [noirs], remix\u00e9s \u00e0 l\u2019unisson. Un changement de code n\u00e9cessaire abrit\u00e9 derri\u00e8re les murs de l\u2019Arsenale ou des Giardini, comme un retour chez soi. J\u2019ai partag\u00e9 une bi\u00e8re avec une amie sur les escaliers et nous avons lanc\u00e9 nos mains dans les airs, nos doigts au diapason des vibrations de l\u2019espace. Extatiques, nous nous sommes laiss\u00e9 \u00e9treindre par ceux qui dansaient autour de nous\u00a0; tous ensemble, nous avons dans\u00e9. Cette nuit-l\u00e0, j\u2019ai senti tout le codage que nous portons sur notre peau, archiv\u00e9 dans la m\u00e9moire du muscle, tous les anc\u00eatres dans une ovation ; tous ensemble, nous \u00e9tions vivants. Un mois plus tard, Khadija et sa m\u00e8re, Mary Ajaoi Augustus Mendy, sont mortes dans l\u2019incendie de la tour Grenfell \u00e0 Londres o\u00f9 elles habitaient au vingti\u00e8me \u00e9tage.\r\n\r\nPeu avant un voyage \u00e0 Venise, je pense \u00e0 Khadija et \u00e0 Mary. Je pense \u00e0 toutes les choses qu\u2019elles ont b\u00e2ties ensemble et qu\u2019elles nous ont confi\u00e9es dans le cadre de notre collaboration autour des photographies remarquables de Khadija, ces choses dont nous nous sommes efforc\u00e9es si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de traiter la perte, la perte du monde les ayant perdues. Je pense aux choses qu\u2019elles ont b\u00e2ties ensemble et qu\u2019elles devaient encore partager, ces choses qui n\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre pas \u00e9crites, ni photographi\u00e9es, ces moments entre-deux, ces d\u00e9sirs [noirs], ces c\u00e9l\u00e9brations [noires], ces intimit\u00e9s [noires], ces joies [noires]. Je pense \u00e0 ce qui leur a \u00e9t\u00e9 pris, et \u00e0 ce qu\u2019elles ont pris avec elles dans cette prise inattendue. Je pense \u00e0 leurs pens\u00e9es [noires], aux impossibles archives que nous ne pouvons d\u00e9sormais plus qu\u2019imaginer alors que nous continuons \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer les vies qu\u2019elles ont v\u00e9cues.\r\n\r\nDans mon engagement pour des archives [noires], j\u2019erre \u00e0 travers les nombreuses pi\u00e8ces de mon propre corps et me demande\u00a0: o\u00f9 puis-je faire de la place pour porter ce que nous avons perdu\u00a0? Peut-\u00eatre pourrait-on chacun faire de la place dans les endroits o\u00f9 le langage ne peut pas voyager, ces recoins uniquement r\u00e9serv\u00e9s aux sentiments, et o\u00f9 s\u2019\u00e9panouit la vivacit\u00e9 incisive du souvenir. Oui, faisons-le. M\u00eame juste un petit peu. M\u00eame juste page \u00e0 page.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<strong><em>Legacy Russell<\/em><\/strong> est curatrice, auteure et artiste<em>. N\u00e9e et \u00e9lev\u00e9e \u00e0 New York, elle est curatrice associ\u00e9e des expositions du Studio Museum \u00e0 Harlem. Russell est titulaire d\u2019un double Bachelor of Arts avec mention honorifique du Macalester College en histoire de l\u2019art &amp; et arts visuels et anglais &amp; \u00e9criture cr\u00e9ative sp\u00e9cialis\u00e9e en \u00e9tudes de genre, ainsi que d\u2019un master de recherche avec mention en histoire de l\u2019art du Goldsmiths College, universit\u00e9 de Londres, option culture visuelle. Son travail acad\u00e9mique, curatorial et cr\u00e9atif s\u2019articule autour du genre, de la performance, de l\u2019individualit\u00e9 num\u00e9rique, de l\u2019idol\u00e2trie de l\u2019Internet et du rituel des nouveaux m\u00e9dias.<\/em>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em>Ce texte a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 dans la seconde \u00e9dition sp\u00e9ciale de C&amp; #Detroit et a \u00e9t\u00e9 command\u00e9 dans le cadre du projet \u00ab\u00a0Show me your Shelves\u00a0\u00bb, financ\u00e9 par et faisant partie de la campagne d\u2019une ann\u00e9e \u00ab\u00a0Wunderbar Together\u00a0\u00bb (\u00abDeutschlandjahr USA\u00a0\u00bb\/The Year of German-American Friendship) du minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Pour lire la version int\u00e9grale<\/em><em> du magazine, c\u2019est par<\/em> <a href=\"http:\/\/3.230.254.106\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/C_Detroit_lowres_EN.pdf\"><em>l\u00e0<\/em><\/a><em>.<\/em>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em>Traduit de l'anglais par Myriam Ochoa-Suel.\u00a0<\/em>[:]","post_excerpt":""},"acf":{"video_url":null,"Dachzeile":"C& Special Edition #Detroit","mag_subtitle":"La curatrice, auteure et artiste Legacy Russell r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la possibilit\u00e9 de mat\u00e9rialiser des archives noires dans des espaces o\u00f9 le langage ne peut pas circuler.","mag_author":"Legacy Russell","mag_abstract":"La curatrice, auteure et artiste Legacy Russell r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la possibilit\u00e9 de mat\u00e9rialiser des archives noires dans des espaces o\u00f9 le langage ne peut pas circuler.","mag_pubdate":"20190910","image_container":null,"modul_1":null,"modul_4":null,"modul_5":null,"modul_2":null,"modul_3":null,"teaser":null,"smys":null,"image_only_slide":null},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Au sujet de la mort, de la perte et du traitement des archives (noires) - Contemporary And<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/3.230.254.106\/fr\/magazines\/on-death-loss-and-processing-a-black-archive\/\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:title\" content=\"Au sujet de la mort, de la perte et du traitement des archives (noires) - Contemporary And\" \/>\n<meta name=\"twitter:description\" content=\". 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